Patron de start-up, soigne tes employés

Ayant travaillé pour une startup française, et après plusieurs mois d’expériences difficiles (mais c’est fini maintenant), je peux regarder derrière moi et essayer de donner quelques billes aux fondateurs d’une startup.

Loin de moi l’idée de donner des leçons, mais il est clair que la vision d’un fondateur de start-up peut facilement différer de celle de ses employés.

L’auto-motivation n’est pas un dû.

Non, je ne fais pas partie des fondateurs de la société, et donc non, je ne suis pas destiné à faire des horaires de malade pour la survie de ma boîte. Il est toujours intéressant d’intégrer une structure nouvelle et de se dire que nous avons pu participer à sa croissance, néanmoins ce credo ne dure pas éternellement. Il est donc nécessaire d’intéresser les salariés au boulot qu’ils font. Mais comment ?

Voici une checklist des éléments à bien prendre en compte lors de l’intégration de nouvelles équipes, en startup.

  1. Arrêter de croire que les salariés sont autant motivés que les dirigeants fondateurs.
  2. Intéresser les salariés aux résultats de l’entreprise. Si la startup fonctionnne correctement, autant que tout le monde en profite, non ?
  3. Prévoir un environnement de travail agréable. Il est intéressant de se focaliser sur le business, mais cela ne doit pas se faire au détriment des locaux, des conditions de travail des salariés surtout. Un frigo plein et des plantes dans les bureaux font parfois la différence. Avoir le temps de discuter avec ses collègues, d’établir des relations autres que professionnelles, sont également un plus.
  4. Ne pas lésiner sur les profils embauchés. Oui, des employés junior sont moins chers que des personnes d’expérience, mais dans une structure à évolution rapide, il est nécessaire de pouvoir poser des bases de travail, des process, qui ne peuvent être apportés que par des profils séniors.

Mon expérience personnelle

Comme dit dans ma présentation, j’ai près de 40 piges, avec plus de 10 ans d’expérience(s) dans le marketing web (côté technique). Il y a un moment dans la vie d’un salarié où cette expérience est largement valorisable. En l’occurrence, j’ai été embauché afin de pouvoir apporter des méthodes et un cadre au travail de consultants plus juniors.

Moi-même junior en management, j’ai fait une erreur pour laquelle je n’ai jamais pu me rattraper. Happé par la quantité de travail, j’ai placé en priorité la satisfaction des besoins immédiats des clients avant de poser les bases du travail avec les consultants. Dès lors, il a été difficile de pouvoir redresser la barre et de trouver le temps de gérer à la fois un boulot de management et un boulot de consultant.

Le problème majeur… c’est que les fondateurs eux-mêmes de la société ne pouvaient pas non plus prendre ce recul, et étaient tout autant que moi pris dans leur « ancien » métier. La boîte s’est donc enlisée dans un travail de réaction, et non plus d’action. Tout ceci renforce donc mon point sur l’embauche de séniors pour le haut management.

Train people well enough so they can leave, treat them well enough so they don’t want to. (Formez les gens assez bien pour qu’ils puissent partir, traitez les assez bien pour qu’ils n’en aient pas envie) – Charles Bronson

Pour ma part, j’avais besoin d’un guide, je n’ai eu que des reproches. Pour moi, la connaissance est clé. Lorsque je lisais un article intéressant (en rapport avec le business de ma société), je le partageais à mon équipe. Ceci n’a pas duré longtemps, j’ai eu vite droit à des commentaires du style « pas la peine de leur mettre plein d’idées dans la tête et de les détourner de leur travail, envoie-nous les articles et on partagera ceux qu’on estime intéressants ». Quelle frustration, de ne pas pouvoir être considéré comme responsable des choix que je faisais pour mon équipe.

Je viens donc de quitter mon poste. Insatisfaction générale, notamment de n’avoir jamais réellement pu partager autre chose que du travail avec mes collègues. Les derniers mois de travail ont été assez difficiles pour que mes problèmes retombent sur ma vie familiale. Il a donc fallu, pour mon équilibre, que je démissionne. J’ai eu la chance de trouver un nouveau boulot, mieux payé, et structuré (peut-être trop, mais on n’est jamais content, n’est-ce pas ?).

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